Twitter YouTube SoundCloud LinkedIn

Tiennot blog

Non à Linux !

Jeudi 29 juillet 2010, 11:35 (par guilhem)

Aujourd'hui, je vous propose de découvrir un blog qui, comment dire... ne sert à rien. Mais qui a quand même le mérite de m'avoir bien fait rire ! Avant de vous donner le lien pour que vous puissiez vous aussi partager mes rires, je souhaiterais que vous gardiez bien à l'esprit qu'une bonne part des textes que vous allez lire ne sont pas du tout objectif et reflètent très mal la réalité. Je m'adresse plus particulièrement aux lecteurs ne connaissant pas du tout GNU/Linux, pour qu'ils ne se mettent pas de fausses idées dans la tête. Si vous êtes dans ce cas, je vous invite à lire la suite du post qui s'efforcera de rétablir la vérité. Le blog en question s'intitule : NON A LINUX!. Rien que le titre laisse supposer un fana Windows n'y connaissant pas grand chose, et n'ayant rien d'autre à faire que de taper gratuitement sur GNU/Linux. Bien, commençons donc par analyser ses propos, qui bien que n'étant pas d'une grande qualité, pourront servir de point de départ à une réflexion un peu plus évoluée.

Tout d'abord, le blog dans son ensemble. Déjà, il s'agit d'un blog généré automatiquement, l'auteur n'ayant apparemment pas de grandes connaissances en programmation web. J'ai toujours eu un certain mépris pour ces blogs en "préfabriqué", mais bon, passons. Autre chose qui m'a frappé : le blog n'est pas très fourni, et visiblement plus mis à jour depuis janvier 2010. Tout ceci est pour moi le signe d'un manque de sérieux évident. Lorsqu'on se prétend webmestre d'un site internet, on se doit au moins de le mettre à jour régulièrement, ce que moi-même je me suis efforcé de faire avec le mien, bien qu'étant en études supérieures et n'ayant pas tout mon temps pour moi.

Commençons à analyser le premier post en haut de la page. L'auteur tente de nous expliquer que Linux n'est pas plus stable que Windows, et que même s'il n'existe pas d'écrans bleus sous GNU/Linux, les freezes (gel intempestif du système d'exploitation, NDLR) et les reboots finissent par rendre le système d'exploitation inutilisable. Il affirme également que les pannes graves sont quatre fois plus nombreuses sous GNU/Linux que sous Windows. Mais que signifie pour lui "pannes graves" ? Considérons qu'il s'agit des problèmes de noyau. Honnêtement, à moins d'être développeur d'un module pour le noyau Linux, il n'y a aucune raison de subir des problèmes de noyau intempestifs. Et je n'ai que rarement des freezes. Les seuls que j'ai eu, c'était sous Ubuntu. Et c'est ce qui m'a poussé à choisir Debian. Et depuis, je n'en ai plus jamais, sauf quand je débogue des modules pour le noyau : là en effet, on peut s'attendre à tout. Mais l'utilisateur lambda n'est pas à priori développeur, donc pas de soucis à se faire. Quant à dire que GNU/Linux est plus stable que Windows, c'est un jugement subjectif. Personnellement, j'ai plus souvent des freezes sous Windows (Vista) que sous GNU/Linux...

Deuxième post. L'auteur prétend qu'un vieux mythe circule dans la communauté Linux, affirmant qu'il ne serait pas nécessaire d'installer de drivers. Il nous rappelle la définition de ce dernier, avant de taper sur les développeurs de drivers libres, affirmant que ces derniers fonctionnent moins bien que ceux propriétaires. Pour la définition d'un driver, je suis d'accord, bien qu'elle manque de précision. Je suis d'accord aussi que sous GNU/Linux, il est nécessaire d'en installer, à moins qu'il ne soit déjà intégré au noyau (c'est le cas pour ma carte wifi depuis le noyau 2.6.30). En revanche, cette dernière affirmation m'a interpelé. En général, les drivers libres fonctionnent mieux que ceux propriétaires, en témoigne l'exemple des cartes graphiques AMD/ATI : le pilote libre Radeon est mieux intégré et moins bogué que Catalyst, fournit par la société. De même, ma carte wifi se porte bien mieux sous GNU/Linux que sous Windows : meilleure réception, et moins de coupures intempestives. L'auteur se permet aussi d'insulter les développeurs de Linux. Vu la qualité de son blog, nul doute que celui-ci n'y connait rien en programmation. Et quand on n'y connaît rien, on se tait : c'est le minimum. Je n'ai de plus jamais vu un développeur conseiller un driver propriétaire. C'est même le contraire : sous Ubuntu, les développeurs conseillent d'utiliser les drivers libres.

"Linux n'a pas besoin d'être formaté. Mensonge numéro 3". Selon l'auteur, une nouvelle version de Linux sort tous les six mois, et à chaque fois, la mise à jour du système se passe si mal (pleins de nouvelles bogues apparaissent) que le pauvre linuxien est obligé de formater et de réinstaller son OS favori. Déjà, il y a confusion entre Linux et distribution GNU/Linux. Linux, c'est le noyau, le coeur du système. Il en sort une nouvelle version tous les deux mois environ. Une distribution GNU/Linux, c'est l'ensemble du système d'exploitation, incluant les utilitaires de mise à jour, d'administration, l'installateur de paquets, ... Et là, la fréquence de parution des nouvelles versions dépend de la distribution. L'exemple qu'il donne concerne Ubuntu, qui sort une nouvelle version tous les 6 mois. Ce choix est à mon avis très discutable, vu qu'il reste en effet pas mal de bogues à la sortie de la nouvelle version. En revanche, rien de tel sous Debian par exemple : la version stable est quasiment exempte de bogues, et ne paraît que lorsqu'elle est prête. Mais de là à dire que l'ubunteros moyen devra formater, non, c'est fortement exagéré : la plupart de ces bogues sont mineures, et se corrigent facilement.

On approche de la fin. Maintenant, l'auteur critique la qualité des logiciels libres, prétendant qu'ils n'arrivent pas à la cheville de leurs grands frères, les logiciels propriétaires. Il s'appuie sur l'exemple de Gimp, logiciel de retouche photo, sorte d'alternative à Photoshop. Et il lui reproche quoi, à Gimp ? Selon lui, c'est un logiciel mal conçu, mal codé, et peu puissant. Mal codé déjà : il n'y connaît rien en programmation ; je vois mal d'où il se permet de donner des leçons aux développeurs. Mal conçu : certains menus sont parfois peu intuitifs, c'est vrai. Mais on apprend vite : ça ne m'a jamais plus gêné que ça. Enfin, peu puissant : je n'exploite pas même 1% de la puissance totale de Gimp, vu l'utilisation que j'en fait. Mais il est vrai que je ne suis pas infographiste, donc difficile pour moi de juger. Le blogeur nous parle ensuite d'Amarok (pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un logiciel de lecture audio sous GNU/Linux, un peu comme Itunes), prétendant qu'il n'y a pas d'equalizer graphique. Il n'a visiblement jamais touché à un système GNU/Linux de sa vie : en trois secondes, j'ai trouvé l'equalizeur graphique d'Amarok, bien que je ne m'en sois jamais servi. Enfin, il aborde le sujet qui fâche : les jeux. En effet, le répertoire des jeux sous GNU/Linux est bien vide. Heureusement, il y a Wine, un logiciel permettant de faire fonctionner les jeux pour Windows. Mais à mon avis, on ne choisit pas GNU/Linux pour les jeux. "À quoi ça peux servir, Linux ?" À tout : un système d'exploitation ne se limite pas à ses jeux. Pour conclure sur la qualité des logiciels libres, il n'y a qu'à voir par exemple vlc : c'est un logiciel libre, et pourtant considéré par beaucoup comme très bon, et ce même sous Windows !

Enfin, on finit en beauté avec un paragraphe sur la sécurité sous GNU/Linux. Il existe bien des virus sous GNU/Linux : le plus important a frappé en 2002 il me semble, et a touché au plus fort de l'épidémie... 6000 ordinateurs. Cela peu sembler beaucoup. Mais pensez au millions de postes infectés sous Windows. 6000 postes, c'est rien. De plus, un virus aura du mal à se propager sous GNU/Linux, car en général, les failles nécessaires à sa propagation sont corrigées très rapidement, beaucoup plus vite en tout cas que sous Windows. Aussi, l'auteur le dit lui-même, les postes sous GNU/Linux étant moins nombreux chez les particuliers que ceux sous Windows, il est moins intéressant de créer des virus pour Linux. Enfin, il cite un exemple malheureusement vrai : la fameuse histoire du thème piégé sur gnome-look.org. Il s'agissait d'un paquet incluant un thème pour le bureau Gnome, et qui contenait un virus caché. Mais il en rajoute un peu aussi : les gens à l'avoir installé ne sont pas si nombreux que ça. De plus, les développeurs recommandent bien aux utilisateurs de faire attention à ce qu'ils installent. Mais ce qui me fait le plus sourire, c'est que l'auteur ne parle pas des milliers de spywares sous Windows, qui s'installent le plus souvent à l'insu de l'utilisateur, alors qu'il pensait simplement installer un logiciel.

Et le plus drôle : le petit commentaire en bas de page, sur "l'utilité" de son blog. J'en ris encore ! Ce blog prétendant montrer du doigt les failles de Linux n'est en fait qu'un énième débat Windows vs Linux. L'auteur s'appuie sur des arguments douteux, et n'a visiblement jamais eu un système d'exploitation GNU/Linux entre les mains. Ajoutez à cela le nombre d'insultes par paragraphe, et le blog perd définitivement le peu de sérieux qu'il lui restait. Mais le pire, c'est qu'il se permet de donner des leçons aux développeurs alors qu'il n'a jamais programmé de sa vie. Il est vrai qu'il est plus facile de taper sur Linux que sur autre chose : on ne risque pas de procès...

Commentaires

Samedi 31 juillet 2010, 12:09 (par guilhem)

De dernière minute : le site vient d'être hacké. Le blog titre maintenant : OUI À LINUX ! Dommage, j'aurais bien aimer le faire ;-)

Vendredi 6 août 2010, 9:56 (par [Sebastien])

Dommage que je n'ai pas pu avoir le temps de le lire, mais le hack m'a bien fait rire cependant! =)

Samedi 7 août 2010, 16:20 (par guilhem)

Dommage en effet ; je n'ai pas pensé à faire un copier-coller des textes : je ne m'attendais pas à ce que le site soit hacké deux jours après que je le découvre :s